mai 21, 2008
So Usual
Question: Quel est à votre avis le point commun entre Miles Davis, Roger Waters, Phil Collins et Stefanie Schneider?

Aucun doute, c’est bien la fille avec les cheveux jaunes et rouges qui voulait se faire remarquer dans le clip d’USA for Africa aux côtés de Stevie Wonder, Paul Simon, Michael Jackson et Diana Ross.
A cette époque, les Spice Girls n’existaient pas encore. La spicy girl, elle, faisait déjà des siennes : Girls Just Want to Have Fun passait en boucle sur les ondes radios, et à la télé, le phénomène était semblable. J’étais encore enfant, mais j’avais déjà la chance de réaliser que les femmes n’étaient pas contraintes de mettre des strings et des pantalons vert fluo pour affirmer leur force et leur autonomie. Les femmes indépendantes existaient, Cyndi Lauper en était l’incarnation vivante. Dans She Bop, la jeune dévergondée racontait ses petites soirées seule dans son lit ” We-hell-I see them every night in tight blue jeans in the pages of a blue boy magazine. Hey I’ve been thinking of a new sensation, I’m picking up … good vibration … Oop … she bop …” et c’était la révolution ; en tout cas bien avant celle entamée par les provocantes gonzesses du ghetto qui te disent maintenant, droit des les yeux, que ton mètre 85 ne fait de toi qu’un pur objet sexuel.
Grâce à son look flambant/flamboyant, les puritains pensaient avoir trouvé en elle leur Antichrist Superpopstar. Cela ne l’empêcha pas d’être partout, entre la sortie de son premier disque, She’s so unusual (quel génie ce titre), en 83, et celle de la BO d’un des films de nos vies, The Goonies. Plus tard elle abandonna néanmoins le train de vie de superstar mondiale et d’icône émancipatrice des jeunes filles en fleur pour se concentrer sur des choses plus personnelles.
Je sus en grandissant, et non sans une pointe de déception, que les femmes ne devaient pas “tout” à Cyndi Lauper. Je pensai alors que le féminisme avait été inventé par des groupuscules hippies des années 60, dont les membres avaient délaissé leurs corps frêles au profit d’un noble combat. Je ne me doutais pas encore que cette lutte avait débuté à une époque où leurs tristes silhouettes étaient toujours recouvertes de cire.
Aujourd’hui, cet âge d’or est révolu : Janis Joplin est morte, les jouissances littéraires et musicales de Virginie Despentes ont fini par tous nous ennuyer et les bouquins de Simone Veil restent toujours trop longs. Mais Cyndi Lauper, elle, sera au Bataclan le 20 octobre pour un débat sur la libération des sexes et les plaisirs faciles. Aucun doute : la new-yorkaise est imbattable.











